A la lueur des lampions de son jardin, un soir d’octobre 2018, alors qu’il recevait chez lui en sa demeure angevine, notre héros, on ne sait pour qui, on ne sait pour quoi, se saisit subitement d’un crayon. Alors forcement, cher lecteur une multitude de questions débarquent dans ta tête : qui étaient les invités ? étaient-ils tous en pleine digestion ? est-ce que le sujet de conversation était à la hauteur de cette magnifique discussion de la veille que notre héros avait entretenu avec une pote plasticienne sur le cubisme, parallèle avec l’expo qui prenait place au Centre Pompidou jusqu’au 25 février 2019 ? Est-ce qu’il a griffonné sur une nappe en papier, sur une nappe en tissu beaucoup plus rebelle, sur l’opercule de son pot de yaourt beaucoup plus amazing ? La légende ne le dit pas mais ce que l’on peut retenir du contexte c’est : amie, lampion, crayon et hérisson. Oui, il a un hérisson qui squatte dans son parc.

Donc en posant son crayon sur une feuille, il eut une drôle de sensation. Allez, on se redit la pub de 89 : cette sensation s’appelle un coke ! Oh joke mais c’est tellement bon de rire ! Donc la sensation, c’est que d’un coup, il était là, il revenait à lui. Son personnage, l’accessoire, son maître Botero. Tout était limpide. C’était limite retour vers le futur mais à l’envers. On va dire un flash back.

Et l’amie qui était présente, qui a tout vu, qui a assisté à la scène sans mot dire, qui a vécu ce retour aux sources, qui a vu notre héros maîtriser son crayon comme d’autres maîtrisent d’une main de maître le retourné de saucisses barbec avec une simple pince à deux dents, comme d’autres vous font un lancer de bâton tranquillou dans un parking lors d’une nuit d’ivresse ; et bien, cette amie a regardé la scène avec beaucoup d’attention, de bienveillance, et lui a juste, l’émotion la tenaillant bien sur, dit :

– mais tu sais que tu devrais en faire une bande dessinée de ce personnage ! Ce serait trop bien.

Sourires intérieurs de notre héros. Mise en retrait. Soirée finie. On n’en saura pas plus. Pas plus… pas tout à fait !

La bête était réveillée !

La bête revenait auprès de sa belle et tel Cocteau en finassant les dialogues de fin de son film La Belle et la bête, notre héros se dit :

” Vous ressemblez à quelqu’un que j’ai connu autrefois, cela vous gêne-t-il ?

Et se répondant à lui-même :

Oui… (puis avec un visage radieux) Non ! “

Notre héros savait. Il savait que l’histoire commençait et commençait désormais pour l’éternité !

C’est bizarre, mais cette page en fait, ce serait une superbe page de fin pour une intro…

RÉFLEXION, RELAXATION, RETOURNEMENTS !

La bête ou la belle était bien là, de retour près de lui. On ne saurait dire qui était qui.

Réflexion : Notre héros, esprit de contradiction oblige, se refusait à faire de son personnage un héros de bande dessinée. Ce qui lui importait c’était le détail, l’accessoire qui allait tout illuminer. Et pas se focaliser sur un personnage pour lui faire vivre des péripéties et autres aventures rocambolesques avec une chaussure noire. En fait, il voulait créer un personnage différent que l’on pourrait reconnaître uniquement avec son accessoire. Ce détail qui le caractérise. Bon, c’est déjà pas si mal, il a une base.

Relaxation : quand on découvre un projet, une œuvre, une lecture, on se dit tous, ben oui c’est tellement simple, j’aurais pu le faire. Ouais mais tu ne l’as pas fait ! Ou alors on se dit, ça je le ferai à 30 ans, à 32 ans, à 43 ans, ouais mais tu arrives à la retraite et tu ne l’as pas fait ! Ou alors on se dit, mais quel intérêt aurais-je à le faire ? Et là, réponse évidente pour notre héros ! L’intérêt de se marrer en transmettant. Re-base

Retournements : un personnage – un détail – se marrer – transmettre. Les bases sont posées. Heu par contre transmettre quoi ? Va falloir creuser. Pas tant que ça en fait grâce à la fille de notre héros, Mademoiselle C ! Ben oui, telle la fourmi ou l’autre, je ne sais plus :

Notre héros ayant relaté tout l’été des contes à Mlle C, se trouva fort dépourvu quand l’hiver fut venu.

Pas une seule héroïne de sa génération ne lui vint direct à l’esprit pour créer une histoire, pas des masses d’héroïnes avec une belle identité culturelle à transmettre à sa descendance, tout cela lui paraissait abyssal.

Moralité : Mlle C aura sa dose quotidienne de culture Pop et d’héroïnes ! Et grâce à qui svp ?

Grâce à son personnage qué s’appelerio Botero

On y est ! Fin 2018 ! Naissance officieuse – et pas encore officielle – de Botero. Le personnage qui grâce à son accessoire va vous faire découvrir la Pop culture au sens le plus large, le plus exponentiel, le plus ancestral et le plus spatial !

Donc, vous le visualisez là, l’entonnoir ! C’est plus clair pour tout le monde, ouf !

Heu par contre, le personnage, faudrait peut-être s’y arrêter quelques secondes car je ne vous l’ai pas décrit. Mais est-il facile à décrire en fait ?

Je me lance ; le Botero est non genré ; son chapeau lui couvre le visage ; il a trois doigts à chaque main ; il est blanc avec son contour noir ; et comme tout auteur se doit d’incorporer à son œuvre une partie de lui-même – tel Hitchcock qui apparaissait dans chacun de ses films – et bien notre héros, a fléchit un pied à son personnage ; il est ainsi en position relaxation dorsale, position que notre héros affectionne particulièrement.

Ce sera peut-être plus parlant pour vous si je vous glisse un botero au final !

(image botero)

Voilà. Fin de l’histoire ; si vous en voulez plus, abonnez vous à son compte sur insta.

Bye